C’est pas toujours triste être grosse!

acceptation, diversité corporelle, grosse, sirène, taille plus, plus size, chubby, confiance en soi,  On lit souvent des textes de filles qui ont eu la vie dure plus jeune parce qu’elles étaient grosses, qui ont été bullied toute leur jeunesse, qui manquent d’estime et de confiance en soi 15 ans plus tard. Et je trouve ça vraiment dommage, parce que je considère que c’est pas toujours triste être grosse!

Ceux qui me connaissent bien vous le diront: j’suis quelqu’un qui dégage beaucoup de confiance en moi. Je suis à l’aise avec mon corps et c’est définitivement pas mon poids qui m’arrête de faire tout ce que je veux. Et je peux pas mal dire que je suis comme ça depuis toujours – bon, avec quelques petits ups and downs au fil des ans, mais quand même.

Mon texte aujourd’hui se veut quelque chose d’encourageant, surtout pour nos plus jeunes toutounes, histoire de montrer l’autre côté de la médaille. Je fais partie des chanceuses qui ont eu une belle enfance. D’ailleurs, merci à mes parents! Je suis née d’un père gros et d’une mère minuscule, respectivement issus d’une famille de poids lourds et d’une famille de fées clochettes. Mon frère a hérité du côté fée, moi, de l’autre! Je suis née grosse, j’ai grandi grosse et je suis encore grosse aujourd’hui.

Plus jeune, j’étais le genre d’enfant qui était tranquille à l’école, ne voulait pas déranger personne, faisait ses trucs et voulait passer inaperçu. Exactement le genre de profil d’enfants qui se fait niaiser. Mais j’ai pas vraiment de souvenirs de moi qui pleure en revenant de l’école. J’ai pas non plus souvenir de gens qui se sont acharnés sur mon cas pour X raison. En fait, ma mère aime souvent raconter qu’à chaque début d’année scolaire, je rentrais souvent à la maison en pleurant parce que les profs m’obligeaient à m’asseoir dans le fond de la classe. C’est ça qui me rendait triste, je voulais tellement être assise à l’avant moi!

À cause de mon frère qui me niaisait desfois (comme dans toute bonne famille!), mes parents m’ont vite appris à ignorer les pas fins. Mais avec le temps, je finissais par me tanner et agir, histoire d’avoir la paix. Et j’ai pas mal fait pareil rendue à l’école. Comme la fois où j’ai enfermé Julie (nom fictif de bully des années 90) dans sa case en donnant un coup de coude sur sa porte parce qu’elle trouvait toujours que je prenais trop de place et elle me le démontrait en me donnant des coups avec sa porte de case. Bon OK, je pense que je ne connaissais pas ma force, parce que je voulais juste qu’elle mange un petit petit un coup. Ou comme la fois que j’ai fait tomber Valérie (autre nom de bully) parce qu’elle disait qu’elle n’avait pas à dévier sa route pour une grosse laide comme moi! Mais Valérie avait le syndrome du chiwawa, elle ne comprenait pas que si le gros St-Bernard que j’étais décidait de passer quand même, c’est pas moi qui en vivrait les conséquences. Ces situations là, je les ai peut-être trouvé difficiles sur le coup, mais deux jours plus tard j’en riais. Parce je me disais qu’il pourrait m’arriver ben pire, parce que j’étais une enfant heureuse et que je riais toujours.

Qu’est-ce qui a fait que je ne me fasse pas plus écoeurer que ça? Ben franchement, je sais pas! Peut être parce que j’étais grande, peut-être parce que pour moi, c’était normal être grosse, vu ma famille. Peut-être parce que mes parents ont jamais vraiment insisté là-dessus, donc je mettais mon attention ailleurs. Peut-être parce que je faisais pas mal de sports et qu’on sait que le sport a la quote chez les jeunes. Sûrement aussi parce que les autres voyaient que j’étais ben OK avec ça.

Mais je peux dire que j’avais pas beaucoup d’amis et que ça faisait ben mon affaire. Pis malgré ça, j’me suis jamais vraiment sentie rejet.

Même quand mon frère me niaisait, je pense qu’il me traitait plus souvent de conne ou d’autres noms que de grosse. En fait, je pense que chez moi, être gros n’a jamais vraiment eu une mauvaise réputation. J’ai toujours vu mon père, ses frères, ma grand-mère, faire tout ce qu’ils voulaient sans problème. Vivre leur vie et ne pas s’apitoyer sur leur sort.

Avec le recul que j’ai maintenant, j’y vois la chance que j’ai eue, et je crois fermement que c’est ce qui a fait la femme pleine de confiance que je suis aujourd’hui.

Alors si j’ai un seul et unique conseil à donner aux parents qui pourraient lire ce texte, c’est d’apprendre rapidement à vos enfants qu’être gros, c’est pas que négatif !

KaDi

 



KaDi est une folle! Célibataire, grande, ronde, tatouée et un peu trop assumée, elle est aussi reconnue pour sa passion du rose et des baleines, et par ses deux chats qu’elle possède en copropriété. De la confiance, elle en dégage à la pelleté! Elle aime pousser les limites de la mode taille plus avec des couleurs vives et des coupes inhabituelles. Elle adore aussi faire de la route, voir des shows de musique et d’humour, et sortir entre filles en criant « Partyyyy! » à chaque shooter qu’elle prend (mais pas trop quand même, c’est elle qui conduit)!


(couverture: Illustration de Salvatriss)

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