Lendemain de brosse électoral

vin, verre de vin, alcool, wine, spilled wine, élections, donald trump, hillary clinton, féminisme, Je ne croyais pas que des élections ayant lieu dans un autre pays pouvaient m’affecter autant. En me levant mercredi matin, je me sentais en mauvais lendemain de veille, avec un poids dans la poitrine. Ce sentiment m’a suivie toute la journée alors que j’avais de la difficulté à me concentrer et à faire autre chose que de lire des articles provenant de médias américains sur ce qui venait de se passer la veille. L’élection de Donald Trump, que la majorité des médias n’a pas vu venir, a marqué un tournant dans l’histoire politique des États-Unis et de la planète en entier. Il est encore très tôt pour le dire, mais j’ai vraiment le sentiment qu’il y aura un avant et un après Trump.

En tant que pas du tout experte de politique américaine, je ne vais pas m’étendre sur le sujet. J’avais plutôt envie de réfléchir sur l’impact que cette élection aura sur les femmes. N’étant pas américaine, je ne vivrai pas les conséquences directes de cette élection, soit la réduction (si ce n’est pas l’abolissement) des services en santé pour les femmes – entre autres les cliniques d’avortement et de santé féminine, l’espoir que des congés de maternité décents soient implantés dans tous les milieux de travail, la réduction de l’écart salarial entre les hommes et les femmes, et j’en passe. Par contre, nous vivons les conséquences plus insidieuses de cette élection. Ce message gros comme le bras qui dit qu’une femme n’est pas assez bonne pour diriger le pays et l’armée la plus puissante du monde.

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(source: article du magazine Maclean’s)

Évidemment qu’il y avait d’autres facteurs. Hillary Clinton avait beaucoup de détracteurs et plusieurs ont voté plus pour du changement que directement pour Trump. Par contre, c’est en regardant les débats que ça frappe vraiment. Le double standard flagrant qui nous était exposé dans ces exercices était à pleurer. D’un côté on voit une candidate préparée, intelligente, en pleine possession de ses moyens, et de l’autre, un adversaire qui l’insulte et qui fait presque des bruits de pet avec ses dessous de bras. Le message que ça envoie aux femmes c’est que peu importe votre degré de préparation et le travail que vous y mettrez, un homme, aussi ridicule qu’il soit, vous dépassera toujours. Les gens ont plus confiance en un homme, aussi abject qu’il soit, qu’en une femme. Et je ne parle même pas de certains commentateurs par la suite qui reprochaient à Hillary d’être trop préparée. Est-ce qu’on peut être trop préparé pour diriger un pays? Poser la question c’est y répondre.

Cette élection est une gifle qui rappelle à toutes les femmes que le sexisme latent qu’on peut voir dans nos milieux de travail, dans nos politiques et dans la société en général, est quelque chose de bien réel. Je suis d’accord que la société québécoise est beaucoup plus égalitaire et que nous avons clairement une longueur d’avance sur nos voisins du sud. Mais sommes-nous à l’abri d’un recul? Je crois que c’est l’occasion de réfléchir à nos acquis en prenant tous les moyens pour ne pas les perdre.

En tout cas, on n’est pas sortis de l’auberge.

Sarah


Fanatique de culture pop et membre officiel du Beyhive, Sarah s’intéresse à toutes les questions qui touchent les femmes. Jamais sans son thé noir, elle adore partir à l’aventure et découvrir de nouveaux endroits. D’ailleurs, elle parcourt sans relâche les plaines hostiles de Tinder à la recherche d’un partenaire digne de ce nom. Ayant des opinions sur tout, elle s’emporte tout autant sur une phrase déplacée d’un politicien que sur le dernier selfie de Kim Kardashian.


(couverture: racked.com)

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