Je n’ai plus peur

je-nai-plus-peurAujourd’hui, je décide enfin de sortir de l’ombre sur une des épreuves les plus difficiles de ma vie. Si j’ai pris cette décision, c’est parce que je me suis enfin convaincue qu’une victime d’acte criminel ne devrait jamais vivre avec la honte. C’est aussi parce que dernièrement, on a tenté de m’intimider avec menaces par rapport à cet évènement. Ben aujourd’hui, je sors de l’anonymat et SO NOT SORRY pour ceux que ça dérange.

Pour vous mettre dans le contexte, j’ai vécu une séparation, il y a environ un an, après plusieurs années de vie commune. Comme toute séparation, c’était vraiment pas facile. Mais ce qui a empiré la situation, c’était la méchanceté et les manigances que mon ex m’a fait vivre suite à ça. J’ai eu beaucoup de troubles de toutes sortes dont j’ai réussi, avec beaucoup de travail et d’aide, à me sortir. Mon ancien conjoint, étant un homme colérique, m’a fait vivre beaucoup de stress et de crainte. Oui, il m’a déjà fait peur, à plusieurs reprises. Lorsqu’il était en colère, il frappait ce qui était sous son nez. Trous dans les murs, bris d’objets, etc. Pour avoir déjà vécu la violence conjugale dans mon passé (on s’en reparle), je reste sensible à ce sujet et les émotions que ça amène. C’est pas le genre de choses dont on se remet complètement, je crois.

Il y a quelques mois, mon ex est venu chercher du courrier à la maison, puisque j’en recevais encore à son nom. J’ai pris soin de m’assurer de ne pas être seule lors de son passage. J’ai donc fait appel à la compagnie d’un ami, juste au cas ou, pour me sentir plus safe. Dès l’arrivée de mon ex (qui n’était pas au courant de la présence de mon ami), il était d’humeur agitée, frustré. Au fil d’une courte conversation, il s’est mis en colère et a été agressif physiquement envers moi. Mon ami est donc sorti de sa cachette afin de me venir en aide et c’est alors que mon ex a pris la fuite. J’ai donc appelé la police, pour la première fois, contre lui. Il a été retrouvé à côté de chez moi dès l’arrivée des policiers, qui l’ont menotté sur place. Il n’a maintenant plus le droit de m’approcher. Sa nouvelle blonde se donne toutefois un malin plaisir à tenter de m’intimider avec des publications sur son compte Instagram. Slow clap pour la maturité.

Puisque nous avons été ensemble longtemps, nous avons quelques amis et connaissances communes donc, évidemment, cette histoire a fait un peu le tour malgré moi. J’ai reçu du soutien de certaines personnes, mais aussi le mépris et la méchanceté d’autres, qui croient à un mensonge de ma part. Bin figurez-vous donc, qu’aujourd’hui, on m’a fait des menaces à cause de ça.  »Quelque chose va bientôt t’arriver à toi, tu devrais avoir peur » m’a-t-on dit, après d’autres menaces de  »Je vais te battre ma criss ».

J’aimerais m’adresser à vous, gens sans conscience, ainsi qu’à tous les autres qui ont osé juger d’une situation de ce genre: Mais c’est quoi votre problème? Comment ça se fait que vous vous donnez le droit de juger et intimider des victimes sans même avoir été présents lors des situations qu’elles ont vécues? Comment pouvez-vous même vous en réjouir? C’est déjà pas nice d’avoir vécu de la violence, ça prend du criss de courage pour arriver à dénoncer. C’est pas tout le monde qui le fait, malheureusement. Pour quelle raison? La peur. Bin je comprends ces personnes là. J’ai réussi à rassembler toutes mes forces pour dénoncer et ensuite vivre avec tout ça du mieux que je pouvais, et c’est un long processus qui n’en finit pas de finir. Parce que quand tu fais une plainte, ça veut dire que tu t’embarques un peu dans une bataille qui peut durer longtemps et aller en cour. Qui a envie de ça? J’étais la première à vouloir éviter tout ça. Mais assez c’est assez, la violence n’aura jamais sa place dans ma vie, plus jamais.

Je l’avoue, ça m’a chaviré pas mal de voir le degré d’intimidation et de jugement que je vie maintenant, dû à cette situation. C’est un peu comme revivre les évènements en quelque sorte, parce que tu essaies tant bien que mal de faire la paix avec le passé, et ça te revient dans face sans que tu t’y attendes. Genre lors d’une discussion bien tranquille dans un parc avec une amie. Quand je suis revenue à la maison, j’ai appelé ma mère et j’ai médité sur la situation. C’est là que j’ai pris la décision que plus jamais je ne laisserai la honte et la peur m’emporter. Parce que j’ai pas choisi de vivre ça. Et selon moi, ça devrait être la même chose pour toutes les victimes d’actes criminels. On choisit pas d’être victime, tout comme on ne choisit pas d’être atteint d’un cancer ou de vivre avec la peur.

Alors je m’adresse encore à vous, gens inconscients: vous ne me faites plus peur. Vous n’êtes rien dans ma vie. J’ai vécu bien pire que des menaces et de l’intimidation dans ma vie et je suis encore debout avec toute ma tête. Je ne ressens plus le besoin de m’expliquer ou de me justifier. Pour moi, c’est vous les victimes, beaucoup plus que je le suis. Vous êtes victimes de la haine en vous qui vous grugera le bonheur à long terme. Vous êtes des malheureux. Moi, je ne suis qu’une combattante qui continuera de se battre pour la quête de son bonheur. Merci de me rendre plus forte.

Peace ✌️

Cynthia


Cynthia est rêveuse mais surtout «rêvasseuse». Artiste, sportive et accro aux vêtements, elle a son style bien à elle. Curieuse de nature, elle aime explorer, partir en roadtrip et faire des rencontres. Fan de musique, elle peut passer des nuits à écouter des vinyls, en écrivant des chansons en compagnie de son chat roux, Jim. Elle a des balls, mais est matante à la fois. Cynthia a un rire particulier, qui ressemble un peu à celui de Chanel West Coast (!), et elle est pas mal clumsy.

(couverture: Clem Onojeghuo, unsplash.com)

Laisser un commentaire