Six mois de trop

violence-conjugaleJ’ai presque perdu la vie aux mains de l’homme que je croyais aimer. Et que je croyais amoureux de moi aussi. Ça faisait seulement deux mois que j’étais en couple avec lui. Deux jolis mois tranquilles et plaisants. Je savais que ce n’était pas le gars le plus sage; il avait déjà été dans un pénitencier pour mineurs, il prenait beaucoup de drogue. Pas le petit gars parfait qu’on présente à sa famille, mettons. Mais je m’en foutais; j’étais convaincue que je l’aimais.

Jusqu’au jour où il a commencé à être jaloux et possessif. Si j’avais la malchance qu’un ami m’envoie un message texte, il virait fou. Il m’était interdit d’avoir des amis de gars. Il vérifiait tous mes messages. J’avais plus le droit de toucher à mon cellulaire. Il ne me faisait pas confiance du tout. Pourtant, je suis la fille la plus fidèle au monde. Mais lui? Oh que non. J’ai lu des milliers de conversations dans lesquelles il flirtait avec des filles, leur donnait rendez-vous. Et moi je restais avec lui…

Puis, il y a eu ce fameux jour. Ce jour qui est ancré dans ma mémoire, comme un mauvais et atroce souvenir. Le jour ou après une dispute, il m’a poussée, et a entouré ma gorge de ses mains. Je m’en rappelle comme si c’était hier. Encore aujourd’hui, je ferme les yeux et je le vois par-dessus moi, ses mains serrant mon cou. Trop fort. Et moi qui tente de lui dire de me lâcher.

Tout s’est mis à dégringoler rapidement après ça. On se chicanait tout le temps. Je ne faisais jamais rien de correct. J’étais la pire des blondes. « Une salope, une conne, une pute ». Cette violence verbale a brisé mon cœur et détruit mon estime. À chaque chicane, il me frappait, m’étranglait de ses grosses mains. Il me poussait et me faisait mal.

Évidemment, toute cette douleur et cette violence m’éloignait de lui, peu à peu. Il avait envie de faire l’amour, et moi pas du tout. Comment avoir envie d’un homme qui vous fait du mal? Mais il me frappait pour me démontrer sa colère face à mon refus. Alors je me laissais faire.

J’ai souffert, j’ai pleuré. J’ai vomi, j’ai crié. Et finalement je suis partie. J’ai décidé que c’était assez, que je devais m’en aller avant que ça empire encore et qu’il ne soit trop tard. Je ne voulais pas mourir. Je voulais vivre heureuse, avec quelqu’un qui m’aimerait réellement. J’ai eu peur, mais j’ai fini par me débarrasser de ce monstre.

J’ai compris que la violence conjugale, ça peut arriver à n’importe qui. À n’importe quel âge, à n’importe quel moment. J’ai vécu six mois dans la violence. Ce n’est pas beaucoup comparé à d’autres, mais c’est pas moins horrible. C’est 6 mois de trop. Il ne faut jamais prendre ça à la légère. Personne ne mérite de se faire violenter physiquement ou verbalement. Si tu es dans cette situation, fais tout ce qu’il faut pour te sortir de cette merde. Ça va faire de toi quelqu’un de fort, pas une faible. Et surtout, n’aie pas peur d’aller en cours contre lui. Moi je regrette encore de ne pas l’avoir fait.

Oui, j’ai encore peur et je vais probablement toujours avoir peur. Mais je remercie la vie de m’avoir sauvée avant qu’il ne soit trop tard. Bien sûr, j’ai encore des séquelles. Par exemple, je refuse qu’on me touche dans le cou. Je peux juste pas. Cette expérience là m’a changée beaucoup, mais au moins je me dis que c’est fini et que je laisse ça derrière moi.

Si tu vis une situation semblable, pars de cette maison d’enfer, quitte ce monstre et fais ta vie sans lui. Tu vas être beaucoup mieux – j’te le promets. Et hésite pas à aller chercher de l’aide. T’es pas toute seule là-dedans.

Mélanie


Jeune femme de 20 ans, elle débute dans la rédaction – mais adore déjà ça depuis son jeune âge. Elle adore faire sourire et rire les gens! La mode et le maquillage sont ses passions, mais ce qu’elle préfère encore plus, c’est les pâtisseries (pas bon pour la ligne, mais on sen fiche)! Mélanie est généreuse et dynamique, elle aime l’aventure et accomplir de nouvelles choses. Elle est parfois un peu timide, mais elle peut surmonter ça ;)!

(couverture: Layton Diament, unsplash)

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