La courbe d’adaptation

courbe-dadaptationQuelqu’un m’a déjà parlé de la courbe d’adaptation culturelle (Googlez-le, ça existe vraiment!). Selon cette théorie, les trois premiers mois à l’étranger sont ceux que tu peux qualifier de ta lune de miel. Tout est beau, le soleil brille toujours, la bouffe est bonne & la musique te fait tripper.

Ça serait à partir du 4e mois que tu entres dans la phase « critique ». Sans t’en rendre compte, t’arrêtes d’écrire ton blog, tu commences à trouver la bouffe trop grasse, la musique t’énerve pis tu commences à critiquer la majorité des différences culturelles. Tu trouves ça un peu moins cute que les gens soient toujours en retard et qu’on s’attende de toi à ce t’aille à l’église tous les dimanches. Ni ton corps ni ton esprit peut continuer à dealer avec la bière light, pis tu commences à rêver des p’tites coupes de vin prises avec tes copines, enroulées dans tes couvertes de minou, dans ton bel appartement Montréalais bien chauffé. Parce que ouais, en plus d’avoir à gérer une crise existentielle, tu gèles. T’es au Mexique, pis tu t’les gèles, je niaise pas. Tu dors toute seule dans ta chambre à environ 7 degrés Celcius. Tu t’sens pu le bout du nez pis tu t’ennuies d’la température du Québec. C’est là que tu sais que ça va pas.   

La vie est bien faite par contre. Normalement, après 5-6 mois, t’arrives à la phase d’ajustement. J’pense toutefois que pour l’atteindre, ça t’prends un bon petit mix de personnes autour, et d’la persévérance. Une vieille amie qui t’invite en vacances, d’la famille que tu retrouves, des amis qui te prêtent leur douche avec de l’eau chaude, un coloc qui écoute tes psychodrames sans penser que t’es bipolaire, une famille qui t’adopte pour Noël, ta meilleure amie qui visite, pis tous les autres qui prennent de leur temps pour te jaser sur Skype. C’est grâce à chacun d’eux que tu t’rends compte qu’il n’y a pas de place parfaite sur Terre.

La place parfaite elle existe en fait dans ton coeur. J’pense que de trouver un chez-soi c’est en fait une question de feeling. Tu risques d’avoir plusieurs chez toi au cours de ta vie, tires le meilleur de chacun d’eux. Profites des gens qui sont là, et oublie pas de leur dire que c’est grâce à eux que tu te sens à la maison.

Laurence


Dans la mi-vingtaine, Laurence a décidé d’entreprendre sa vie d’adulte à l’étranger. Elle est maintenant prof de français au Mexique, où elle vit sous le soleil toute l’année. Elle adore la couleur des palmiers et rêve secrètement de devenir ballerine. Elle aime passer ses après-midi à écrire, et ses soirées à boire du vin avec ses copines. La poutine lui manque, mais elle compense avec des tacos. Ça va.


(couverture: Expat Forever)

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