Les angoisses de piscine dans le ventre

Les angoisses de piscine dans le ventreJe compte les jours avant l’automne parce que moi, c’est l’été que j’ai le corps en tempête. Les filles avec leurs sandales de chez Aldo puent l’ananas pis la noix de coco. Y’ont toute les cheveux peignés-dépeignés l’air-mouillé-mais-c’est-voulu. Moi j’ai les cheveux noirs comme une toune d’Evanescence, les jambes blanches comme ton mister freeze pref pis les cuisses en glissades d’eau.

Je suis un nouveau manège de la ronde.

J’essaie de me faire à croire que j’aime l’été. Je fais des efforts pour sortir en shorts, en faisant comme si je me sentais à l’aise dedans mais fuck-all. J’ai juste hâte de tourner le coin de la rue pour mourir tranquille à l’ombre. Mes jambes frottent ensemble mais je souris anyways même si j’ai la rappe à fromage de Ricardo din’ culottes-criss-de-criss.

Tout le monde aime l’été mais moi je redoute ce moment-là toute l’année. Le jour où je devrai enlever mes leggings. J’ai peur que chaque après-midi au soleil, tu check mes cuisses blanches pis que tu te rendes compte que j’suis pas tant belle.

Je vais me faire un sourire en tie dye pis jouer dans tes shorts tout l’été en attendant Octobre.

Sara Pruneau Bélanger

 


Sara a fait des études en exploration théâtrale à Saint-Hyacinthe.  En 2012, son texte J‘te prendrais take out fût adapté en pièce de théâtre à l’espace 4001 berri de Montreal. Depuis, elle a collaboré avec Poêmes sales, été publiée dans le magasine Le sexe abstrait, fait de nombreuses lectures publiques et participé à plusieurs événements culturels, donc le FAST 2016. Elle débute l’Atelier  de bande dessinée de Jimmy Beaulieu en septembre et est maintenant collaboratrice pour The Shindig. On peut lire ses textes sur son blog littéraire.

(couverture: unsplash.com)

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