Avant, je voulais me marier

je ne veux plus me marier3Quand j’étais jeune, je ne voulais rien savoir du rêve américain. Je trouvais le monde qui aspirait à ce genre de vie-là bien superficiel pis un peu niaiseux. J’avais le jugement facile. Je ne savais pas si je voulais des enfants. Si j’allais en avoir, ça allait être avec la bonne personne. Pas n’importe qui. Je ne voulais surtout pas me marier. Eille, pitcher 20 000 piasses par les fenêtres? Non merci! Je savais tellement où je m’en allais. En tout cas, j’en avais ben gros l’impression. Je ne voulais surtout pas de maison, tsé, faire le ménage dans un 3 et demi ça passe, mais une maison? Entretenir une cour? Faire des rénos? Ouain. Je ne voulais pas de bagnole non plus. Moi, j’allais habiter à Montréal! En ville! J’allais utiliser les transports en commun et ne pas ruiner la couche d’ozone.

Mais vient un temps où être célibataire ça devient juste lourd. Je n’en pouvais plus des losers rencontrés sur le net (et je n’ai jamais utilisé Tinder, c’est peu dire). J’en avais maaaaarre des dates de marde. Puis, je me suis mise à espérer, à changer. Est-ce que c’est parce que je vieillissais? Parce que je n’avais pas fait check à tous les items sur ma liste de choses à faire avant 30 ans? Parce que je voyais des gens autour de moi avoir ce qui semblait la norme pour une jeune femme qui saute à pieds joints dans la trentaine? C’était peut-être aussi la pression sociale, et une envie de vivre ça moi aussi, une relation sérieuse avec un gars qui a toutes les caractéristiques qu’il faut pour avoir une relation sérieuse. Faque j’ai accepté de me faire matcher.

Le match n’a jamais été bon, quand on y repense. Si je retourne dans le temps, je me souviens pleurer régulièrement car toutes les attentes que je m’étais créés n’étaient jamais satisfaites. Pis je n’avais même pas de grosses attentes. Mais je n’ai pas parlé… ou si je parlais, je n’ai pas été entendue. Je ne suis pas partie comme je l’aurais dont du. Je nous aurais épargné tellement d’épreuves. Mais je ne l’ai pas fait. J’avais un but, une mission. Je voulais devenir une vraie adulte. Alors, j’ai finalement voulu le rêve américain. Je l’ai voulu, la famille parfaite, la vie de banlieue, la bagnole, la grosse cabane… pis le mariage.

Je ne crois pas que l’ex n’aurait jamais pu me donner tout ça, mais j’étais tellement focussée à obtenir ce que je souhaitais que je ne le voyais pas. Quand on dit que l’amour rend aveugle… Je dirais plutôt que l’image qu’on se fait de l’amour, et tout ce qui vient avec, nous rend aveugle. Je suis persuadée que l’Amour, le vrai, existe. Ce n’est pas parce que je ne l’ai pas trouvé qu’il n’existe pas hein? Est-ce que j’ai déjà vu un million de dollars? Nope! Pourtant, le cast de Friends faisait ça par épisode à la fin faque, ça existe.

Je voulais dont me marier… c’était rendu ben important. Pis asteur, je veux pu me marier. Je réalise maintenant pourquoi c’était si important pour moi avant. Et c’était pas pour les bonnes raisons. Je voulais me marier parce que ce que je vivais était tellement faux, tellement juste dans le paraître, que ça allait enfin rendre le tout plus vrai… right? Ça ne pouvait pas faire autrement. Un mariage ça ferait de moi une femme. Pas juste une parure qui rend la vie moins plate.

Ben non! J’aime pas l’échec dans la vie. J’aime ça le contrôle et la réussite. Je suis de même. Mais, cette mission-là, je suis ben contente de l’avoir abort, ben contente que la relation se soit terminée. Ça m’a ramené à la réalité. Ça m’a ramené aux vrais affaires. Je sais que pour certaines personnes, les vraies affaires c’est tout ce que je viens dire que je ne veux pas. Et c’est parfait comme ça!

(source: canalvie.com)

Je me suis rendue compte que même si j’avais une roche au doigt, même si j’avais des enfants, même si en apparences tout semblerait être parfait, je ne serais jamais heureuse si je devenais une personne que je ne souhaite pas être.

En ce moment, je me construis. Je me retrouve. Veut, veut pas, une relation de 3 ans, ça laisse des traces. En ce moment, je prends le temps de savoir ce que je veux, ce que je suis, ce que je veux être. En ce moment, si on me demande si un jour je serai maman, je réponds que non. Parce qu’en ce moment, je ne suis pas rendue là.

Évidemment, il n’y a pas que du mauvais à être passée du côté obscur de la force (!). J’ai maintenant une voiture, ce qui m’a permis d’acquérir une autonomie que je n’aurais jamais eu. Je ne suis plus à Montréal. J’aime cette ville, mais nous ne sommes plus sur la même longueur d’ondes. Je suis plus heureuse à Brossard, où je peux sortir mon chien saucisse en paix à tout heure du jour ou de la nuit. Et je veux une maison. Je sais ce qu’une maison vaut et j’ai le goût de devenir encore plus adulte en en possédant une, un jour.

Peut-être pas une gigantesque maison avec la cuisine la plus exceptionnelle de la Rive-Sud mais, une maison-là. Petite, cute, charmante. Parfaite pour une moi heureuse.

Maude

 

 


Elle est dans la trentaine (jeune trentaine là) et elle tente de faire passer sa carrière avant tout, mais elle est souvent détournée par des essais de resto, des 5 à 7 qui ne finissent pas avant 11h, des heures et des heures de binge watch de séries sur Netflix, et la recherche de l’équilibre parfait entre son budget et la quantité de chaussures qu’il est humainement possible de posséder. Elle adore regarder des vidéos sur comment faire un smokey eye (technique qu’elle n’a encore pas réussi à maîtriser), aller prendre de loooooongues marches dans le but d’épuiser la mini-saucisse Joséphine, avec qui elle partage sa vie.


(couverture: topito.com)

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