C’est partout pareil

C'est partout pareilSamedi matin du mois d’octobre. L’air est froid. La chaleur de ton café pis d’la doudou sur tes épaules t’apportent un sentiment de bonheur absolu. Encore mieux, tu savoures le moment, bien tranquillement, parce que de toute façon y’a rien qui presse. Ta seule obligation du weekend: aller au chalet, là où y’a juste l’air pur pis des personnes que t’aime beaucoup.

Faque après avoir fini ton café, t’enfiles tes p’tites bottes de saison pis tu t’prends un gilet plus chaud. Te v’là prête à décrocher pour le weekend. Tu t’sens déjà libre comme l’air, en sachant que ton seul devoir pour les deux prochains jours consiste à apprécier au maximum la compagnie des gens avec qui t’es juste bien. Bon. Manque plus qu’à dire goodbye au chat, remplir la voiture de bonne bouffe pis mettre play à la bonne musique. C’est parti!

Sur la route, paysages désertiques magnifiques, montagnes, soleil. Tu savoures chaque instant, le p’tit kodak mental se fait aller. Rendu là, surdose de steaks cuits au charbon, de guacamole, de bons légumes grillés. C’est plus fort que toi, tu peux juste pas t’empêcher de manger jusqu’à ce que ton ventre menace d’exploser. Classique. Un coup le soir venu, c’est l’temps d’ouvrir le foyer pis de starter l’feu. J’sais pas si c’est l’effet des flammes ou d’la bière, mais c’est là qu’on s’confesse nos vies. Pis on s’aime dont bin. Pis on est dont bin chanceux. Pis pour rajouter au p’tit moment sentimental, of course y’a d’la guitare acoustique en background. Cliché.

Tout ça pour dire que, si t’enlèves le paysage désertique pis la guacamole à mon histoire, on pourrait jurer être au Québec, ou ailleurs. C’est partout pareil dans l’fond. On aime ça décrocher de temps en temps, ça fait du bien. Nos vies sont pas toujours parfaites, pis c’est pour ça qu’on a besoin de prendre du temps avec ceux qui nous font sentir bien. C’est pour ça qu’on a besoin d’se dire qu’on s’aime après kek bières. C’est pour ça mon ami, que j’te dis profites-en. C’est partout pareil, mais ça tu peux pas l’savoir si tu vies pas autre chose. Vivre, c’est ça le mot. Vivre complètement.

Ce weekend j’sais pas pour toi, mais moi j’me suis sentie vivante. J’ai sentie que j’étais en train de vivre quelque chose d’important dans ma vie. J’ai sentie qui fallait que j’profite de chaque petit moment. Qu’il fallait que j’apprécie chaque petit paysage sec, chaque élève qui m’dit que j’lui ai appris quelque chose, chaque moment où on est tous assis autour d’la table à s’raconter des histoires. Parce qu’en étant ici, loin d’notre petite zone de confort, on apprend, on s’amuse, on grandit, pis on s’aime. C’est tu pas bien vivre ça rien qu’un peu?

Laurence

 

 


Dans la mi-vingtaine, Laurence a décidé d’entreprendre sa vie d’adulte à l’étranger. Elle est maintenant prof de français au Mexique, où elle vit sous le soleil toute l’année. Elle adore la couleur des palmiers et rêve secrètement de devenir ballerine. Elle aime passer ses après-midi à écrire, et ses soirées à boire du vin avec ses copines. La poutine lui manque, mais elle compense avec des tacos. Ça va.

(couverture: tripadvisor.com)

1 commentaire sur C’est partout pareil

  1. Liss
    17 août 2016 at 8:31 (1 année ago)

    J’aime les images. Bien écrit.

    Répondre

Laisser un commentaire