Confidences d’une Pokémon Go addict

confidences dune pokemon go addict 11Pour être franche, je n’ai pas grandi en aimant les Pokémons. Ce n’était pas mauvais, juste pas de ma génération. Par contre, la chanson thème  s’est tout de même imprimée dans mon cerveau pour aller rejoindre, dans ma mémoire à long terme, toutes les autres puériles inutilités qui m’ont empêché d’apprendre le latin et les mathématiques quantiques. Ah, le nombre de moments randoms de mon existence qui sont littéralement pourris par tous les jingles éternels de l’univers! Et comme tout ver d’oreille se doit d’être chanté dans son entièreté, je me complais à pourrir la vie des autres aussi. Pourquoi souffrir seuuuule? Pour ne citer que les plus désagréables : la publicité de Marineland, de Casa Grecque, du Clan Panneton, de la Capitale, de Da Giovanni, de la touche de crème, de la peinture Sico, de Juicy fruit, de Bell tu brasses des affaires avec ton cellulaire, tous les ptits bonhommes animés matinaux ever, et pour une raison obscure, tout l’album Best Of de la Compagnie Créole. Il faut dire que la garderie à côté de chez moi n’avait qu’un seul CD à jouer pour leur aire de jeu extérieure, jusqu’à ce qu’un donateur anonyme leur en apporte toute une boîte… Tranche de vie!

Tout ça pour dire que je n’étais pas une fan, et que je n’ai pas sauté de joie quand Pokemon Go est sorti au Québec. Le jeu étant hyper populaire, j’ai quand même demandé à un de mes amis proche (Sami, un chasseur international célèbre) de m’expliquer le côté plaisant là-dedans. Et puis why not, j’ai téléchargé l’application. Je n’accroche pas aux jeux modernes (je trippe old school Super Nintendo et Gameboy) mais j’adoooooore me promener dehors, et ce jeu n’exige que ça! En dedans d’une semaine, j’avais rattrapé mes amis dans leurs statistiques, visité plein de statues-murales-oeuvres-parcs-attractions montréalaises et développé des mollets de feu. Sérieusement, on découvre plein d’endroits méconnus, intéressants, et pourtant familiers. Mais ce n’est pas tout! Ce jeu-là me stupéfie surtout parce que ça fait parler les gens!

(source: giphy.com)

Plein de gamers qui sortent de chez eux, qui marchent dehors et qui trippent ensemble parce qu’ils ont le même jeu sur leur cellulaire, moi ça me fait capoter. C’est que partout, et je dis bien PARTOUT, il y a des joueurs, et de tous les âges en plus! Du monde qui ne se parleraient pas d’habitude, et qui partent à courir ensemble dans un parc pour attraper une bibitte invisible, c’est magique quand on y pense. Dans le fond, c’est peut-être parce que Pokémon Go nous permet d’être des enfants de nouveau, et de montrer ce côté joueur en nous à d’autres sans gêne, qu’il est aussi populaire?

On partage beaucoup, on a tout à coup un langage commun, on se pose des questions pour s’aider. Dans un monde où de plus en plus de gens souffrent d’anxiété sociale, c’est vraiment précieux je trouve. Le jeu étant très time consuming, le monde peut jaser sans crainte de s’entre-déranger. On veut passer le temps. Pas de malaise, un peu comme autour d’un feu. Sous le couvert du leurre, on jase aux Pokéstops, en attendant que les Pokémons rares arrivent… On s’aide à les attraper. Même les parfaits inconnus, même avec les équipes adverses.

Si je tente de t’expliquer pourquoi ce jeu est aussi agréable (et je l’avoue, étrangement rassurant) je pourrais dire que c’est parce que tu es limité dans tes choix au début du jeu, ce qui te permet d’embarquer rapidement dans l’action et de ne pas être stressé d’avoir plein de détails à prévoir avant de jouer. On développe rapidement un sentiment d’appartenance, non seulement à notre équipe, mais à toute cette grosse communauté instantanée qui cherche ensemble. Le jeu t’encourage à continuer, avec plein de petites gratifications instantanées: bravo tu as attrapé 10 Pokémons, 100 Pokémons, 5 Magicarps (il ne t’en reste que 395!).

muscles

(source: tumblr.com)

Et finalement, on fait beaucoup de blagues là-dessus, mais ça rend en forme! Pour voyager, tu peux faire du vélo, du skate, du rollerblade, de la trottinette, name it! Tu marches tout le temps! Pour attraper des Pokémons, pour refaire le plein de balles aux Pokéstops, pour faire éclore des œufs de Pokémons dans des incubateurs – à la fin de la journée, tu te rends compte que tu as solidement fait du chemin sans t’en apercevoir en couraillant tous ces cossins-là!

Si j’ai un dernier petit quelque chose à vous dire à propos de ce jeu, c’est qu’il a  »dégêné » plein de romantiques introvertis, qui, les yeux sur leurs téléphones, ont osé parler à des partenaires de chasse plutôt charmants, et qui sait, peut-être, de potentielles futures pokédates

Un clin d’oeil tout spécial à mon ami Victor (Level 23 mesdames, fiout fiiiou!), et à sa fructueuse approche de   »Regarde tous mes Pokémons, je peux avoir ton numéro? ». Pinw! Oh yes he did!

 Lissa Godin


(couverture: thedishh.com)

1 commentaire sur Confidences d’une Pokémon Go addict

  1. Camille Mitchell
    15 août 2016 at 12:39 (1 année ago)

    J’ai toujours aimé pokemon et quand le jeu est sorti (je l’ai téléchargé à sa sortie au États Unis) je capotais! Mon chum pis moi on va chasser des soirées complètes pis je dirais que c’est nos meilleurs dates. On est ensemble, on jase, on rit, on court, on pleure (quand un Arcanine cp inconnu s’enfui) pis on a ben gros du fun!

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