Miroir miroir, dis-moi que je suis belle

Miroir miroir, dis-moi que je suis belleJ’ai toujours eu quelques boutons d’acné par-ci par-là, mais jamais rien de problématique. Il y a environ deux ans, je suis partie un an pour voyager en Australie avec mon copain et ma meilleure amie. J’ai toujours entendu dire que le soleil et l’eau salée, c’était un bon duo pour la peau à tendance acnéique. Faux. Après environ un mois, mon visage a commencé à devenir peuplé de gros boutons rouges. Je ne sais pas si c’était le changement de climat, le soleil, la mer, le stress, ou un mélange de tout ça, mais une chose est sure, ma peau n’a vraiment pas apprécié. Mon visage est rapidement devenu couvert d’acné.

J’évitais sans cesse les miroirs. Lorsque j’avais la malchance d’en croiser un, je pouvais passer des heures à constater les dégâts que l’acné avait causés sur mon visage. Je voyais juste ça. Je me rappelle encore toutes les fois où j’ai observé attentivement mon reflet avec dédain. Toutes les fois ou des larmes perlaient le long de mes joues crevassées. C’était horrible. L’acné m’a enlevé une grande partie de la confiance que j’avais réussi à bâtir après toutes ces années. Je pense que c’est une chose qu’on ne peut pas comprendre sans l’avoir vécu personnellement. C’est fou comme l’acné peut faire des ravages, autant physiquement que psychologiquement. Je me trouvais tellement laide, tellement répugnante. Mon chum avait beau me rappeler tous les jours à quel point j’étais merveilleuse, impossible de m’enlever de la tête cette image négative que j’avais de moi-même. Pourtant, avant que mon visage se transforme en tarte à la fraise, j’avais confiance en moi…

Plus les jours passaient, plus mon acné se propageait. J’avais beau me laver le visage trois fois par jour et appliquer des crèmes prescrites par un médecin, aucun résultat. Tous les jours, je sentais les regards des autres peser sur moi. J’avais toujours l’impression que les autres regardaient juste ça. J’avais l’impression de me faire juger sans cesse.

J’avais pris la décision de ne plus me maquiller, afin de ne pas empirer ma situation (même si dans ma tête, ça ne pouvait pas être pire). En Australie, c’était passable. Tsé, les gens que j’avais rencontrés là-bas m’avaient connu comme ça. Par contre, j’appréhendais difficilement le retour à Montréal. J’avais hâte de revoir mes amis, mais j’avais tellement peur de leur réaction quand ils allaient me voir la face. J’étais partie en étant la fille normale que j’étais et je revenais la face pleine de boutons qui se multiplient à vue d’œil.

Finalement, mes amis ont décidé de joué la carte poker face. Ben correcte. Ça faisait mon affaire, pas besoin d’en parler. Je préférais éviter le sujet et faire comme si de rien était (tsé l’autruche qui se met la tête dans le sable là, ben c’était moi)!

J’ai parfois l’impression que l’acné c’est encore un peu tabou. Tsé si t’en as, tu n’oseras pas trop en parler. Si ton amie en fait, tu risques de pas trop lui en parler non plus. On préfère faire comme si de rien était.

Aujourd’hui, j’ai réussi à me débarrasser de mon acné grâce au traitement Accutane. Malgré tout, j’ai encore des cicatrices. Certaines sont visibles, tandis que d’autres sont psychologiques. Sérieusement, je n’aurais jamais cru que l’acné pouvait affecter une personne à ce point-là. C’est un coup dur pour l’estime de soi. Je me sens tellement mieux depuis que j’ai réussi à m’en débarrasser, mais j’ai encore la hantise que l’acné refasse surface et que ma peau redevienne comme avant. Parfois, j’en fais même encore des cauchemars.

Mélisande

 


(couverture: flotheblogtrotter.blogspot.ca)

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