J’avais oublié de m’aimer

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J’étais en couple quand on s’est rencontrés. Je pense que je suis tombée amoureuse de toi à la seconde même ou tu m’as souri pour la première fois. Je me disais que ce genre d’amour là, le coup de foudre qui vient te pogner dans l’ventre, tu le ressentais qu’une seule fois dans ta vie. Que c’était spécial et que sans le savoir, c’était toi que j’avais choisi.

Je me suis garrochée les yeux fermés. Je me suis jamais posée de questions. J’étais convaincue. Tu étais le bon.

Notre histoire a jamais été simple. Compliquée, difficile. J’ai longtemps cru qu’on était faits l’un pour l’autre, et que le destin nous faisait traverser toutes ces épreuves pour qu’on s’en sorte encore plus forts. Mais je réalise aujourd’hui que dans le fond, le destin, il a essayé de m’avertir à plusieurs reprises. Il m’a crié de me sauver. Il m’a lancé des red flags en pleine face pendant des années. Je les ai tous ignorés.

Même quand tu m’as trompé. Une fois, deux fois. Trois fois, je sais pas. J’ai arrêté de compter, j’ai arrêté d’essayer de savoir. Je vivais dans une grosse bulle de déni. J’effaçais tout, je pardonnais. J’acceptais tes excuses en me disant que tu allais changer. Que cette fois-ci, c’était différent. Que tu m’aimais. Qu’on était faits l’un pour l’autre, tu te rappelles?

Je t’aimais tellement. Le genre d’amour qui t’envahit, qui t’engloutit, qui te noie dans tes émotions au point où tu oublies de respirer. Au point où tu oublies de t’aimer. Ta confiance en soi qui s’effrite petit à petit, tes valeurs auxquelles tu renonces, une à une. Jusqu’à t’effacer complètement.

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T’étais dans ma tête, tout le temps. C’était tellement épuisant, si tu savais. Je t’ai donné tout ce que j’avais, mais je recevais rien en retour. Je me rappelais nos débuts, quand tout était facile, quand tout allait bien. Je m’accrochais désespérément à ces souvenirs là en espérant qu’ils reviennent, en essayant de me convaincre que c’était une passe moins le fun à traverser. Qu’après, ça allait aller mieux.

J’étais vidée, pathétique. À côté du téléphone en attendant que tu rappelles. Je pilais sur mes convictions pour éviter les conflits. Je prenais le blâme pour tout, et je m’excusais sans cesse. Tu avais réussi à me faire croire que c’était de ma faute. À me faire sentir coupable. À me manipuler.

Je me suis perdue, quelque part là-dedans. Ça a été long avant de me retrouver. Pis y me manque encore certains morceaux.

J’ai jamais aimé comme ça. Et tu sais quoi? Je veux pu jamais aimer comme ça.

How many scars did we justify because we loved the person holding the knife?

 

P.

 


(photo de couverture: unsplash.com)

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