J’ai du cash en tabarnak

Untitled-1Je ne cacherai pas que le titre se veut un click bait. Pis solide en plus. Mais là, les magasins, faut qu’on se parle dans face. Ou dans la vitrine. En tout cas! C’est pas parce que je rentre pas dans vos vêtements que je suis transparente! Au contraire, je suis obviously très voyante! Si, comme moi, vous ne fittez pas dans les tailles dites ‘régulières’, vous savez que la plupart des vendeuses vous ignorent lorsque vous entrez dans une boutique.  J’aimerais ne pas mettre ça au féminin, mais c’est le cas, parce que c’est des filles qui travaillent dans les boutiques féminines la plupart du temps.

‘Ben voyons, ça doit pas être si pire que ça?’

La première fois que ça m’est arrivée, j’avais à peu près 14 ans.  En partant, tu feel pas bien dans ta peau à l’adolescence, mais quand t’es grosse, c’est genre 100 fois pire.  Faque la vendeuse m’approche.

« Cherches-tu quelque chose? »
« Non, je regarde pour ma soeur! »
« Ok… parce que rien te fait ici… »

Le malaise et la honte que j’ai ressentis, ça ne s’explique même pas.  J’étais trop jeune et trop gênée pour l’envoyer paître, mais j’étais mortifiée.  J’étais p’tite dans mes culottes de grosse. Et même si la plupart du temps c’est plus subtile – se faire ignorer, se faire demander si on cherche quelque chose, se faire regarder de travers – notre sixième sens de toutoune il le sait lui, qu’on est juste pas la bienvenue.

Pis c’est cave.  Parce qu’on a du cash, nous aussi. Et théoriquement on en a beaucoup, parce que les magasins taille plus se font plutôt rares, faque on dépense moins! Ah!

Pis non, on rentre pas peut-être poas dans tes robes.  Mais tes colliers, tes bracelets, tes souliers, tes sacoches pis tes bas, on peut les acheter. Pis nos cadeaux pour nos amies, on les fait chez toi.

Et quand la vendeuse nous traite comme d’la marde, ben on décampe, et on raconte notre histoire à notre entourage qui, souvent, prend la décision de ne plus magasiner là.

J’aurais simplement pu dire qu’on veut être traitées comme des humains pis toute, mais apparemment, c’est une notion qui n’est pas encore comprise par la faune commercial.

Anne-Marie Maccio

 


(photo de couverture: nbcnews.com)
(montagne magnifique et incroyable: Ava)

 

1 commentaire sur J’ai du cash en tabarnak

  1. Lise
    7 juillet 2016 at 4:06 (1 année ago)

    wow bien dit me semble que j’ai vécu ton histoire tellement de fois , le seul magasin que j’aimais et j’avais aucun commentaires c’était les souliers .. alors je peux tu te dire que j’en ai un paquet… c’est dommage que la mentalité ne change pas et que la jeunesse d’aujourd’hui est pareil qu’il y a 35 ans… j’imagine que c’est peut-être pire encore aujourd’hui avec les normes de minceur… en tout cas j’ai bien aimé ton texte… :)

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