La belle, la bête et les SPM

Une fois par mois, je deviens quelqu’un d’autre. Un genre d’hybride un peu fucked up entre un gros monsieur qui fini toujours premier dans des concours de grands mangeurs, et Emily Gilmore. J’perds un peu le contrôle de tout… pis c’est pas toujours le fun. Pour moi, mais surtout pour les gens qui m’entourent (et ceux qui sont forcés de passer du temps avec moi, genre mes collègues, ou mes amis qui font semblant de m’aimer pendant ce temps-là). Une fois par mois, je suis en SPM.

(source: giphy.com)

En fait je dis une fois par mois, mais desfois c’est deux, ou pas de fois pentoute. Ça aurait l’air que j’ai l’utérus farouche pis desfois mes cycles menstruels sont pas pire dérèglés, mais bon, ça c’est une autre histoire (et c’est peut-être aussi un peu trop TMI – allô)! C’est pas tout le temps facile à suivre, et encore moins à gérer. On se rend pas toujours compte que c’est commencé. Ça peut arriver subtilement, cette affaire-là. Tout va bien, pis tout d’un coup, tu te surprends en train de pleurer devant une annonce des Résidences Soleil qui passe à TVA. Tu sais pas trop si c’est le ton vraiment fake du proprio aux grosses lunettes ou l’idée de potentiellement finir ta vie seule dans une maison pour personnes âgées qui sent un peu le formol, mais tu verses une couple de larmes.

Tu réalises soudainement que t’es comme une grosse bombe d’hormones s’ul speed, pis c’est sincèrement déconcertant. Même si tu feel pareil chaque mois depuis des années, tu t’habitues jamais vraiment à toute la patente. Premièrement, tes boules doublent soudainement de volume et deviennent super sensibles, pis t’as un peu l’impression d’être Pamela Anderson. Ça peut être le fun, jusqu’à temps que tu commences à avoir peur qu’elles se sauvent de ta brassière sur un coup de tête pour aller se marier à Las Vegas avec un trucker rencontré aux machines. Deuxièmement, ça arrive vraiment (trop) souvent que ta face se transforme en pizza pis que tu doives te battre avec la visite surprise d’une gang de boutons qui ont pris ton menton comme chilling spot pour la semaine. C’pas toujours facile à dealer, hein.

Pour ma part, mon SPM vient en plusieurs phases incontrôlables et beaucoup trop dramatiques pour aucune raison, question de faire de moi la personne la moins plaisante de l’histoire de l’humanité.

(source: giphy.com)

Ya toujours la phase ou j’ai envie de tout manger. Tout. Manger. Littéralement tout. Ya même des moments ou je me demande brièvement si ma meilleure amie goûterait pas pire, roastée sur le barbecue, avec un peu d’assaisonnement cajun. Je me ressaisie rapidement (toujours avant d’entamer le plan cannibalisme 101, rassurez-vous) mais je mentirais si j’vous disais que l’idée m’avait jamais frôlée l’esprit. Je me contente donc de ce qui se trouve dans mon frigo, et j’me fais des mix super louches qui rendraient jalouses pas mal de femmes enceintes. Mais c’est jamais assez. Tsé, Hermione dans Harry Potter, elle avait une sacoche sans fin? Ben c’est ça. C’est comme ça que je me sens. Mais pas comme une sacoche là, comme si j’avais un estomac sans fin.

Ensuite y’a la phase pendant laquelle je sur-analyse la vie en entier et où je remets tout en question, de mon existence à l’arbre généalogique vraiment trop compliqué de la famille Kardashian. Et je suis toujours vraiment trop impliquée émotionnellement. Genre je pleure parce que la machine Keurig au bureau a pu ma sorte de café pref. Je pleure parce que je trouve mon chat doux. Je pleure parce que j’ai vu une araignée au plafond et j’ai peur de la tuer. Je pleure parce que ya pu de restaurants Red Lobster au Québec pis je trouve que c’est une tragédie. Bref… A MESS!

(source: giphy.com)

Et on s’en sort pas, y’a la phase ou tout me tape sur les nerfs. Les gens dans le métro qui marchent trop lentement et qui bloquent le chemin me tapent sur les nerfs. Les gens qui rient fort me tapent sur les nerfs (je suis vraiment le fun din partys, promis). La madame de 1019 ans devant moi à l’épicerie qui paye en cennes noires me tape sur les nerfs (elles sont pu supposées être en circulation ces pièces-là madame anyways, sorry). Les clients me tapent sur les nerfs. Le soleil me tape sur les nerfs. La vie me tape sur les nerfs. Je suis injustement agressée par tout, je suis désagréable, et je maudit silencieusement tout ceux qui osent se retrouver sur mon passage.

À tous ceux qui doivent me côtoyer m’endurer pendant mes SPM, à mes anciennes colocs, à mon chum et probablement à mes futurs enfants aussi: je vous offre mes plus sincères excuses.  J’ai vraiment d’autres belles qualités, j’vous jure.

Ava xx

 

(crédit photo de couverture: doctorsschaumburg.com)

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